Stage lecture d’une œuvre intégrale au collège FR 002. Zone Nord.
Formatrice : Catherine SIDERIS. Académie de Montpellier.
Public concerné : professeurs de français et d’arabe. 28 participants.
14 et 15 octobre 2004. Lycée Descartes. RABAT.
Jeudi 14 octobre.
Matin . Présentation de la formatrice, des participants et du contenu du stage.
Hypothèses :
1) Qu’est-ce que lire ?
2) Quelles compétences entrent en jeu pour la lecture de l’OI ?
3) Place de l’OI dans les programmes et le projet pédagogique ?
4) Quelle didactique pour l’étude de l’OI ?
5) Production de séquences + problème de l’évaluation.
Objectif : réponses aux questions en fin de stage.
Questionnaire :
1) Nombre d’OI étudiées au cours de l’année dernière par niveau.
2) Justification du choix des œuvres.
3) Liste des acquis attendus à l’issue de ce travail.
4) Modalités de l’étude des OI.
5) Place de l’étude de l’OI dans le projet pédagogique.
6) Mes réussites, mes difficultés.
7) Les questions que je me pose.
Distribution d’une liste d’œuvres par niveaux.
Travail de groupe : 4 groupes.
Objectifs :
1) travailler sur les programmes et les programmations en fonction des nouveaux programmes.
2) Mutualiser les réussites.
Travail individuel dans un premier temps, puis mise en commun sur une affiche. Recherche et réflexion à partir de consignes précises données par la formatrice : tableau à double entrée, œuvres/modalités.
Commentaire, par un rapporteur, de l’affiche réalisée. Questions des autres participants.
Remarques :
1) Choisir ce qui fait la spécificité de l’œuvre.
2) L’auteur est maître, il nous conduit où il veut.
3) « De co-errance à cohérence » JORDI.
4) Trois formes de lectures en classe : des groupements de textes en lecture analytique et des lectures cursives qui conduisent à la lecture de l’OI.
5) « Ca vous fait penser à quoi ? » : question fondamentale car on accroche de nouvelles connaissances aux connaissances qui sont déjà là.
Le discours : terme à préciser.
1) linguistique : situation d’énonciation, « Je ».
2) Pragmatique : l’autre de la parole, celui qui va décoder.
3) Paramètre capital de la structuration.
Il existe des moules préexistants :
a) Les genres (et sous genres) ; classement : roman, poésie…, qui peut évoluer avec le temps. Cadrage générique capital.
b) Les schémas : argumentatif, narratif, explicatif…
c) Les stéréotypes : classement culturel essentiel.
d) Topoï : On écrit toujours le même texte mais avec quelques écarts. Sens différent suivant les époques.
Après-midi.
Application de ce qui a été vu le matin.
Réalisation d’une séquence à partir de « Le journal d’un monstre », nouvelle de Richard MATHESON, in Miasmes de mort (CASTERMAN, 1978).
Niveau 3°. Premier trimestre.
Utiliser la nouvelle pour réfléchir à l’acte de lire.
1) Lecture individuelle : qu’est-ce que je peux mettre en œuvre pour améliorer les compétences de lecture de mes élèves ?
S’analyser en train de faire et écrire ce que l’on fait ; lister les stratégies personnelles.
2) Travail de groupe : bâtir une séquence. Elaboration d’une affiche qui sera commentée par un rapporteur.
Vendredi 15 octobre.
Matin.
1) Lecture : identification, mobilisation des représentations ; construction du sens (seul).
2) Etude : mobilisation des savoirs et des techniques, explication : nouvelle construction de sens (ensemble).
3) Culture : réinvestissement, lecture cursive et projet pédagogique. Retour à 1 : lecture.
Coopération auteur/lecteur : « La communication littéraire est un jeu ou plutôt une gymnastique puisque c’est un jeu guidé, programmé par le texte. » Umberto ECO.
1) Définir les compétences techniques, culturelles, de la 6° à la 3°. Choix d’un niveau qui sera analysé sous forme d’un tableau à triple entrée : Le genre, l’intertextualité, les œuvres.
2) Choisir une OI longue que l’on désire travailler. Choix d’œuvres + ou – « classiques ».
# « La rempailleuse », Les contes de la bécasse, MAUPASSANT.
# « Iceberg », Qui a peur d’Ed Garpo, Fred KASSAK.
# Quand Angèle fut seule. Pascal MERIGEAU.
# « Quiz aux travaux forcés », Le K, Dino BUZZATI.
# Cycle de survie, Richard MATHESON.
Réalisation d’une séquence dans un tableau à double entrée : objectifs/contenus.
Après-midi :
Etude d’une nouvelle : « Iceberg », in Qui a peur d’Ed Garpo de Fred KASSAK.
Travail sur les stéréotypes, le texte est un artifice, un montage d’un bout à l’autre et les hypothèses de lecture s’effondrent avec la chute finale. Détournement d’un genre codé : le roman noir.
Etude d’une nouvelle : « La rempailleuse », in Les contes de la bécasse de MAUPASSANT.
Comment l’auteur a-t-il réussi à nous choquer ?
# Effet de réel.
# Illusion référentielle.
# Effet de pathétique : jeu sur les émotions.
Le narrateur nous manipule par le rythme de la narration.
Etude d’une nouvelle : Quand Angèle fut seule de Pascal MERIGEAU.
1° lecture : chronique paysanne, une veuve sans histoire, retour du cimetière.
2° lecture : relire la nouvelle en sachant qu’il s’agit d’un polar, nouveaux indices.
Réfléchir sur ce que c’est que lire : si on sait, dès le début, qu’il s’agit d’un polar, la lecture est différente.
Utiliser la nouvelle pour réfléchir à l’acte de lire.
Qu’est-ce que lire ? (partir des représentations des élèves).
4 opérations mentales
1) L’anticipation concerne la capacité à émettre des hypothèses ; à partir de détails, le lecteur construit du sens. « Sur le seuil du livre ». GENETTE.
2) La création d’indices s’effectue à partir des détails. Opération de mise en relation : l’indice dépend de l’orientation de la recherche ; sans connaissances, pas d’indices possibles.
3) L’élaboration d’hypothèses (supposées et provisoires) découle de 1 et 2.
4) La validation des hypothèses est l’interprétation, la signification, arrêtée et recevable, du processus complexe de la construction du sens.
3 compétences
1) linguistique.
2) Logique.
3) Encyclopédique : le cadre scolaire se doit de développer les compétences encyclopédiques aussi, de façon à aider les élèves à entrer dans les textes littéraires plus complexes.
EVALUATION
4 niveaux de compréhension :
1) Compétences de base : lire l’explicite. (Elèves en difficulté.)
2) Compétences approfondies : niveau de la mise en relation.
Par exemple, à propos de l’adjectif « colérique », utilisé pour caractériser un personnage, on peut demander de relever tous les détails qui le prouvent : il s’agit d’une mise en relation entre une notion abstraite et des indices.
3) Compétences remarquables : toujours mise en relation + concept.
On peut par exemple demander de définir le caractère du personnage principal.
Charnière entre 2 et 4.
4) L’implicite : niveau de compréhension le + élevé.
BIBLIOGRAPHIE
# Le français au collège, K. WEINLAND, Bertrand Lacoste.
# Lector in fabula, U. ECO.
# Six promenade dans les bois du roman et d’ailleurs, Figure III, G. GENETTE.
# La lecture méthodique , M.DESCOTES ; CRDP Toulouse.
# Le groupement de textes, J.JORDY, CRDP Toulouse.
# L’œuvre intégrale, I, II, G.LANGLADE. CRDP Toulouse.
# Pour une esthétique de la réception, H.R. JAUSS.
# Eléments de linguistique pour le texte littéraire, D. MAINGUENEAU.
# Pour lire le roman, GOLDENSTEIN.
# Pour lire le récit, DUMORTIER.
# Pour lire le poème, ADAM.
# Lire le théâtre, A. UBESFELD.
# Revue Le français aujourd’hui.